Une grand-mère va redevenir mère

Quel est le meilleur âge pour avoir un enfant ? Il y a encore quelques années, cette question aurait amusé. On ne pouvait en effet choisir l’âge pour avoir un enfant que dans un intervalle d’années, le corps humain n’étant pas prévu pour procréer toute la vie : l’âge avançant, il est de plus en plus difficile d’agrandir la famille.

Mais la science a changé les choses, en particulier la recherche en médecine procréative. Là où la nature est moins vivace en raison de l’âge, il est désormais possible de procréer in vitro. Il ne s’agit pas de se questionner sur les progrès de la science, mais sur les applications qui en sont faites, et sur les dérives probables.

On peut facilement faire le lien avec Annegret Raunigk, une allemande de 65 ans, enceinte de quadruplés, dont l’histoire est récemment parue dans la presse. À vrai dire, cette dame avait déjà fait parler d’elle en ayant sont treizième enfant à l’âge de 55 ans en 2005. Aujourd’hui elle réitère l’histoire, après s’être rendue à l’étranger pour se faire inséminer plusieurs embryons.

La première interrogation venant à l’esprit montre déjà les limites de la pratique : son corps supportera-t-il la grossesse ? On peut en effet se demander non-seulement si la santé de la mère n’est pas en danger, mais également celle des quatre enfants qu’elle porte !

Aussi les enfants vont grandir, et ont traditionnellement besoin de leurs parents jusqu’à leur majorité. On peut légitimement douter de la capacité de la mère à assurer ses fonctions parentales quand l’âge aura encore avancé et que le temps aura fait son œuvre. L’intérêt de l’enfant passe donc à la trappe, sacrifié sur l’autel du désir d’enfant, peu importe les conditions dans lesquels ils doivent être mis au monde.

Il ne s’agit donc pas de morale, ou de mœurs, mais bien d’éthique : les individus doivent-ils pouvoir rester tout-puissants, assouvir leurs moindres désirs quand ils en ont envie, ou l’intérêt général doit-il pouvoir reprendre le dessus ? L’intérêt général en effet, car si la mère ne peut plus assurer son rôle parental, qui doit prendre le relai, si ce n’est la collectivité ?

Fort heureusement, aujourd’hui en France, il n’est pas possible de recourir à des techniques de procréation assistée au-delà d’un certain âge. Cette règle n’est pas fantaisiste, elle a un sens. Et le fait de ne pas pouvoir procréer jusqu’à la fin de sa vie a également un sens : la mère peut difficilement porter un enfant quand son corps décline.

Les progrès de la science nous permettent d’améliorer notre vie jour après jour : nous vivons plus vieux, nous sommes mieux soignés, mais nous ne pouvons cependant pas tout changer, notamment le déclin du corps humain avec l’âge. La vieillesse n’est pas une maladie, c’est le cycle de la vie, et cela, on ne doit pas pouvoir le changer, car ce serait changer notre nature d’êtres humains, aussi mortels soient-ils.

Alexandre CHARPY

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot

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