Abolition de la peine de mort : un progrès social irréversible !

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Le 17 septembre 1981, Robert Badinter à l’époque Garde des Sceaux sous le premier septennat de François Mitterrand, a présenté son projet de loi sur l’abolition de la peine de mort en France. Ce choix des socialistes a été perçu au cours du temps comme un progrès social, et plusieurs pays du monde ont d’ailleurs fait le choix d’abolir eux aussi la peine de mort, bien que certains la pratiquent encore. Comment des partis politiques du XXIème siècle, peuvent-ils encore prôner un retour à la barbarie qu’est la peine de mort ?

Tout le monde l’aura compris, nous parlons bien évidement du Front National, ce parti qui prend plaisir à inciter à la haine et souhaitant un retour à la peine de mort en France. Pourtant, l’une des premières valeurs qui nous sont apprises au sein de l’école de la République est qu’on ne répond pas à la violence par la violence. Il est ainsi étrange de la part de Marine le Pen qui se dit républicaine, de revenir sur un principe qui est pourtant républicain par le respect d’autrui qu’il implique.

Le rétablissement de la peine de mort en France, c’est le risque d’ouverture à de nouvelles formes de crimes. De plus, l’erreur judiciaire, malheureusement, existe encore, bien qu’elle soit moins fréquente de nos jours grâce aux progrès de la science, mais elle est réversible. En effet, l’accusé étant condamné à plusieurs années de prison ferme, si son innocence est prouvée, il y a toujours possibilité de le libérer et de le dédommager pour l’erreur judiciaire commise. Attention, il ne faut pas penser que l’erreur judiciaire est acceptable et qu’on peut la régler rapidement grâce à un dédommagement, ce n’est pas ce qui est dit. Il faut lire par-là, que si un innocent est condamné à la peine de mort, dans le cas où cette dernière serait rétablie, et que son innocence est finalement prouvée, l’action est irréversible. Dans ce cas-là, ce ne sera pas l’accusé qui aura commis un crime, mais l’État.

Certains nous diront que l’on peut rétablir la peine de mort de manière encadrée, comme c’est le cas dans certains pays qui la pratiquent encore par exemple. Et la question que l’on pourrait leur poser c’est, est-ce que la peine de mort fait diminuer le taux de criminalité dans ce pays-là ? Et bien non. Nous pouvons prendre comme exemple le Texas aux États-Unis. Comme l’explique un article publié sur bfmtv.com, les États qui disposent encore de la peine de mort ne parviennent pas, malgré la présence de l’ultime châtiment, à éradiquer la violence de leurs territoires. Par conséquent, à quoi sert la peine de mort dans ce cas-là ?

Il faut être très clair sur la peine de mort. Que l’on pense qu’il faut renforcer les peines des multirécidivistes, pour les violeurs ou les meurtriers par exemple, ou que l’on pense au contraire qu’il faut accompagner d’avantage ces personnes malades dans un processus thérapeutique, il revient à chacun de se faire une opinion. En revanche, le retour à la pratique barbare d’ancien temps qu’est la peine de mort n’est pas acceptable dans une société comme la nôtre, au XXIème siècle. Elle est antirépublicaine et va contre les droits de l’Homme qui ont été acquis avec le temps.

Par ailleurs, la peine de mort représente un acquis social majeur, comme l’autorisation de l’IVG ou le mariage pour tous par exemple. Alors s’il vous plaît, Madame Le Pen, cessez d’inciter à la haine avec vos propositions antirépublicaines. Vous avez le droit de ne pas être d’accord avec les gouvernements qu’ils soient du PS ou de l’UMP, mais vous ne pouvez pas utiliser la souffrance du peuple pour véhiculer des idées moyenâgeuses telles que le retour à la peine de mort. En outre, n’oubliez pas non plus que l’article 66-1 de la Constitution de la Vème République a été ajouté à cette dernière le 19 février 2007, sous le gouvernement de Dominique de Villepin, mentionnant que « Nul ne peut être condamné à la peine de mort ». Ainsi, revenir dessus passerait par une loi organique et serait très compliqué.

Clément LAGARRIGUE

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot

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