Le jour de n’importe quoi

Source : http://blogs.mediapart.fr/
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Dimanche 26 janvier 2014, des manifestants se réunissaient à Paris pour un « jour de colère », un moment d’expression de toutes les frustrations du moment. Mais qui étaient ces personnes qui ont tant fait parler d’elles ? Quelles étaient les revendications, et surtout quel était le sens d’un tel rassemblement ?

La question peut légitimement être posée, notamment lorsque l’on a été attentif aux retours dans la presse. Entre les anti-mariages pour tous, les sympathisants de Dieudonné arborant une quenelle ou encore les anti-éolien, comment s’y retrouver ?

Entre Libération qui parle du « grand fourre-tout de l’anti-hollandisme » et le Huffington qui parle de « Quenelles et saluts nazis dans les rues de Paris », on se demande dans quoi on tombe. Outre le fait que cette manifestation a rassemblé de tout et n’importe quoi, demandons-nous à quelle époque nous vivons ! Avec les horreurs de la Seconde Guerre mondiale derrière nous, ne pensions-nous pas que l’antisémitisme était derrière nous ? Pourtant ce rassemblement a visiblement favorisé le retour de gestes d’une autre époque, dont chacun connait la signification.

On pouvait également voir des membres de « la manif pour tous », qui n’ont visiblement pas encore digéré que deux personnes de même sexe puissent désormais de se marier, et prétendre aux droits attachés au mariage. Là encore on retrouve donc des personnes qui vivent dans une autre époque, une époque dans laquelle les droits dépendent de l’orientation sexuelle, dans laquelle les Hommes ne naissent pas égaux en droits.

En y pensant bien, on ne peut pas se tromper d’époque, car c’est bien dans notre Etat de droit, et grâce à l’évolution vers la démocratie de notre pays, que l’on a laissé cette manifestation, avec ses travers, se dérouler.

Un tel événement a un avantage indéniable : il montre toutes les haines qui rampent en France. Après que la droite a opposé les travailleurs et les assistés, les français et les étrangers, la gauche aura bien du travail pour apaiser les esprits, et pour réconcilier les français entre eux, en luttant contre les haines du fait de la religion, de l’origine ou de l’orientation sexuelle.

Ayons tout de même une pensée pour les militants anti-éolien, qui ont dû se demander où ils mettaient les pieds.

Alexandre CHARPY

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot