Le Mythe de la Citoyenneté Européenne

drapeau-union-europenne

Dans un an, nous voterons pour les élections européennes. Mais qui sait ce qu’est l’Europe ?

Voilà plus d’un demi-siècle que les bases de l’Union européenne ont été posées. Par la conclusion des différents traités qui ont ponctué sa vie, tels que Rome, Maastricht ou encore Lisbonne en 2009, elle n’a cessé d’évoluer, d’une coopération vers une véritable intégration des Etats.

Si la construction européenne avance, elle se fait cependant sans les citoyens dont elle dit tirer sa légitimité. L’Union européenne est en effet construite non seulement par les gouvernements des 27 Etats membres, mais également par un Parlement européen, renouvelé tous les cinq ans. Les eurodéputés ont la charge de « légiférer », c’est-à-dire de prendre des dispositions qui ensuite s’imposeront aux Etats membres.

On peut néanmoins se poser la question de la légitimité des membres qui le composent, dans la mesure où le taux de participation aux élections européennes en France en 2009 avoisinait les 40%.

La raison de cette abstention est ce que l’on pourrait appeler la lourdeur européenne, notamment de son administration, critiquée par les medias depuis des années, ou encore par plusieurs personnalités telles que François Hollande, ou même Benoit XVI. Cependant, son administration n’est pas seule en cause. Tout étudiant en droit ayant travaillé sur le droit européen sera d’accord pour dire que le fonctionnement des institutions européennes est un véritable « bazar », puisque pour le comprendre il faut naviguer entre les différents traités, les uns renvoyant aux autres, et tous aussi illisibles les uns que les autres. La clarté du droit des institutions européennes est ainsi très largement remise en cause.

En plus de cela, l’accès pour les citoyens européens aux services de l’Union européenne manque de clarté, notamment concernant la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne. Finalement, c’est le lien même entre le citoyen et l’institution qui est inexistant, de par sa méconnaissance, et de par son absence au plus près du citoyen.

Dès lors, il devient tout à fait concevable que les français, tout comme les autres pays, ne votent que très peu, pour des institutions dont ils ne comprennent ni le fonctionnement ni l’utilité. Elle régit pourtant les domaines des douanes, de la concurrence en matière économique, la politique monétaire, pour les Etats dont la monnaie est l’euro, et elle partage également des compétences avec les Etats en matière de politique commerciale, d’énergie, ou encore de politique agricole commune (PAC). Ce ne sont que des exemples, qui montrent néanmoins l’importance de cette institution, et l’intérêt de voter pour les représentants du peuple.

Notre rôle, en tant que socialistes, est donc d’encourager les citoyens à se rendre aux urnes, pour donner au Parlement européen sa légitimité, et être force de proposition pour une réforme en profondeur des institutions européennes devenues trop illisibles.

Alexandre CHARPY

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot

Laisser un commentaire