Complément d’information : Réforme des rythmes scolaires, pourquoi en 2014 ? Et pourquoi pas ?

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Interrogé, lors de mon article « Vincent Peillon et la rénovation du système éducatif Français », sur l’application, ou plutôt la non application de la réforme des rythmes scolaire dès 2013 dans les collectivités locales du Lot, j’avais promis de réaliser un nouvel article en me basant seulement sur ce sujet. En effet, à travers cet article, je vais m’attacher à décrire cette réforme, à en expliquer ce qui correspond, à mes yeux, à son bien fondé. De plus, je tenterai de vous expliquer les motifs de décision des communes lotoises face à une réforme qui présente beaucoup d’opportunités mais aussi de contraintes.

Tout d’abord, bien qu’a moi tout seul je n’incarne pas les différents points de vue des Jeunes Socialistes Lotois, je pense que nous sommes tous d’accord sur le bien fondé et sur l’utilité de cette réforme. En effet, la réforme dite des rythmes scolaires a pour but de permettre aux enfants d’être plus vigilants et plus attentifs en classe. Il s’agit de permettre une plus grande attention des élèves en cours grâce à une meilleure répartition du temps de présence en classe ; une meilleure répartition signifiant moins épuisante. Pour cela, la réforme prévoit 3 heures de classe le mercredi matin afin de réduire les autres journées à 5 heures, contre 6 heures aujourd’hui avec les plus longues journées d’Europe ; cette situation étant souvent dénoncé par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Cependant, malgré la réduction du nombre d’heures de classe par jour, les enfants seront tenus de rester à l’école jusqu’à 16h30. C’est déjà le cas actuellement dans les écoles commençant à 8h30 alors que pour les écoles démarrant la journée à 9h, les cours se finissent à 17h. La prise en charge des enfants, par les communes, jusqu’à 16h30, permettra aux parents qui travaillent, de ne pas se soucier de la garde de leur enfant avant cette heure.

Par ailleurs, longuement étudiée par des spécialistes, comme l’Académie Nationale de médecine ayant publié un rapport le 19 janvier 2010 intitulé «Aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant », la réforme des rythmes scolaires favorisera le respect du rythme d’apprentissage des élèves en leur laissant le temps d’apprendre. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de préserver à tout prix le repos de l’élève, en réduisant notamment le temps en classe par jour d’une heure. De plus, d’après les prévisions du ministère de l’éducation nationale, une fois que la semaine des 4 jours et demi aura été instaurée dans toutes les écoles de France, le système français se rapprochera des pratiques des autres pays du monde avec 180 jours de classes contre 144 actuellement, 208 en Allemagne et 190 au Royaume-Uni. Actuellement, la France est en difficulté dans les classements internationaux concernant l’éducation, comme le montre l’étude PIRLS où nous sommes arrivés en 29ème position sur 45 pays évalués. Il est donc utile de prendre exemple sur les autres pays étant arrivés en meilleure position, afin de s’aligner sur leurs pratiques et ainsi de pouvoir améliorer notre fonctionnement.

Néanmoins, certaines communes se sont plaintes de « zones de flou » dans la réforme des rythmes scolaires, et nous allons tenter de saisir les contraintes liées à cette réforme ; contraintes qui expliqueraient un report de l’application des nouveaux rythmes pour 2014 dans un grand nombre de communes notamment dans le Lot.

Dans un premier temps, il y a une interrogation autour des temps dits périscolaires. Ils peuvent être définis comme les temps « hors classe mais intra école ». En effet, en laissant l’école obligatoire jusqu’à 16h30 mais avec seulement 5 heures de classes par jour, les communes se trouvent face à un dilemme concernant la prise en charge des élèves durant les activités périscolaires, avec deux théories qui s’opposent :

–      Soit, on utilise le temps périscolaire pour initier les élèves à des projets éducatifs (culturels, sportifs, artistiques …), mais cela nécessiterait de faire appel à des animateurs, ce qui générerait des frais non négligeables à la charge des communes

–      Soit, on utilise ce temps pour que les élèves participent à une aide aux devoirs, dans un groupe restreint, de manière à ce que les élèves rentrent chez eux sans, travaux, ou en tout cas moins, à réaliser à la maison.

A ce jour, les médias et le ministère de l’éducation nationale parlent plutôt de la prise en charge des temps périscolaires par les communes. Cependant, la décision définitive du gouvernement concernant les activités pratiquées hors des périodes de cours n’a pas encore été prise, en raison d’une concertation qui s’impose entre différents acteurs, les mairies pouvant potentiellement supporter des frais assez importants. En effet, d’un côté, une majorité des communes préférerait que les temps périscolaires soient pris en charge par les enseignants via une aide aux devoirs. D’un autre côté, les syndicats enseignants veulent que ces temps périscolaires soient assumés par les communes. A leurs yeux, une aide aux devoirs ne serait bénéfique ni aux enseignants, ni aux élèves. Selon le syndicat enseignant de l’UNSA, d’une part les enseignants se verraient augmenter leur temps de devant une classe entière, et d’autre part l’objectif d’une meilleure réussite pour les élèves ne serait pas atteint, car ils continueraient la journée en classe, comme c’est le cas actuellement.

Voilà pour ce qui est du débat sur les temps périscolaires, dont le plus grand flou règne sur leur utilisation, ce qui explique la prudence de beaucoup de communes qui attendent des orientations plus claires et des retours d’expérience qui leur permettront de mieux se guider. Par ailleurs, ce débat sur les temps périscolaires est directement lié au problème de financement de cette réforme  par la plupart des communes. Si c’est à elles de prendre en charge les temps périscolaires, les dépenses seront encore plus importantes pour ces dernières. Cependant, la question du financement de cette réforme n’est, malheureusement, pas seulement basée sur l’interrogation autour des temps hors classe.

L’Etat a promis une aide de 50 € par enfants, dans chaque commune qui engagera la réforme pour l’année scolaire 2013-2014, afin d’alléger les coûts qu’impliquerait l’adoption des nouveaux rythmes scolaires. Ces coûts sont constitués, entre autres choses, d’un repas de plus par jour assuré par la cantine scolaire, 2 trajets supplémentaires entre école et domicile et donc le transport scolaire à financer 2 fois de plus. En outre, se rajoutera peut être le financement d’animateurs qualifiés pour prendre en charge les élèves jusqu’à 16h30. De plus, il n’est pas sûr que cette aide soit suffisante à couvrir les nouvelles dépenses engendrées. Ceci a une importance très grande en ces temps de problèmes de financement pour l’ensemble des acteurs dont les communes. Ceci a amené certains édiles à qualifier la réforme de « précipitée » et on ne peut, sur les aspects financiers et d’occupation du temps, que très difficilement leur donner tort.  Pour ce qui est du bien être de l’enfant, le Ministère semble marquer un point à ne pas oublier.

Ainsi, le manque de concertation est souligné par de nombreux responsables politiques. Cette dernière aurait pu apporter des informations, des pistes, des propositions appréciables pour guider les communes. Faute de tout cela, nombreuses sont celles qui ont reporté l’application afin de ne pas engager des frais importants et hasardeux. De plus, actuellement les garderies des écoles cadurciennes, ainsi que l’accès à un soutien scolaire, sont gratuits pour l’ensemble des familles souhaitant en bénéficier. Marie Piqué,  adjointe au maire de Cahors en charge des affaires scolaires, estime que si la réforme est appliquée alors que la ville ne dispose pas des moyens nécessaires, ce service gratuit ne pourra plus être assuré sans compensations financières demandées aux familles. Ceci ne peut être négligé.

Évidement, Cahors est le chef lieu du département, c’est pourquoi je l’ai utilisé comme exemple, mais le problème se pose pour l’ensemble des communes. En effet, sur les 169 communes que compte le Lot, qui ont une école, 65 ont décidé d’adopter les nouveaux rythmes scolaires dès septembre, soit une minorité. Concernant les grandes villes, sur les 30 plus grandes communes françaises, 12 appliqueront la réforme dès 2013, soit un peu moins de la moitié.

Il en va de la liberté de chacun de penser que la réforme ferait mieux d’être appliquée en 2013 car elle est urgente pour les enfants, ou plutôt attendre 2014 car il vaut mieux donner le temps nécessaire aux communes de préparer l’application de cette réforme et ce dans la concertation. Une chose est certaine, au mjs46, nous sommes tous d’accord sur l’utilité et le bien fondé de cette réforme.

Clément LAGARRIGUE

Sources:

http://www.laviequercynoise.fr/rythme-scolaire-la-ville-de-cahors-prefere-attendre-la-rentree-2014.html

http://www.ladepeche.fr/article/2013/03/06/1576178-gourdon-rythmes-scolaires-le-conseil-se-donne-un-an.html

http://www.terrafemina.com/vie-privee/famille/articles/23203-rythmes-scolaires-2013-ou-2014-les-decisions-ville-par-ville.html

http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0202575690509-reforme-des-rythmes-scolaires-lyon-attendra-2014-annonce-gerard-collomb-539965.php

http://www.lefigaro.fr/politique/2013/03/11/01002-20130311ARTFIG00531-rythmes-scolaires-les-maires-veulent-attendre-2014.php

http://www.ladepeche.fr/article/2013/03/27/1592600-rythmes-scolaires-le-lot-plutot-en-2014.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/29/dix-mois-de-debats-autour-de-la-reforme-des-rythmes-scolaires_3150303_3224.html

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot