Il est temps de changer nos habitudes alimentaires

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Les dernières semaines ont été marquées par les scandales alimentaires à répétition. Ces événements doivent nous amener à nous interroger sur nos habitudes alimentaires. Alors que le salon de l’agriculture a fermé ses portes, il apparaît essentiel de revoir et de modifier en profondeur nos habitudes alimentaires et donc les modes de production qui en découlent. Cette révision s’impose tant sur le plan sanitaire qu’environnemental.

Au-delà des tromperies et défauts de fabrication découverts chez Ikea et Findus c’est toute une logique alimentaire qu’il faut déconstruire afin de redonner du sens à notre alimentation. Le premier constat consiste à observer que dans tous les pays occidentaux la consommation de viande est très (trop) importante. Selon FranceAgriMer, les Français mangent actuellement 66 kg de viande par an et par habitant.

La consommation de viande par habitant dans le monde serait en moyenne de 41,8 kg/habitant, et serait en croissance, surtout dans les pays en développement avec 31,5 kg/hab. Notons ici que selon de nombreuses études une à deux portions de viande par semaine sont suffisantes pour obtenir les besoins protéiniques nécessaires. C’est ici que se fait le lien entre alimentation et environnement. En effet, selon un des scénarios de prospective élaboré par le GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), l’humanité devrait atteindre, en 2050, une consommation moyenne de 500 grammes de viande et de 1 litre de lait par semaine et par personne. Nous devrons donc accroître la production de viande de la planète de 70 % pour répondre en 2050 aux besoins alimentaires de ses habitants. Cette augmentation de la production de viande vient se heurter aux nécessités de réduction de notre empreinte écologique et de protection de l’environnement. Certains chiffres sont à ce titre extrêmement révélateur de l’impact environnemental de la production de viande. Ainsi, selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture): « 70 % des forêts amazoniennes ont déjà été converties en pâturages. (…) L’élevage émet davantage de gaz à effet de serre (18 %) que les transports (13,5 %) ». En outre, 60 % des cultures de céréales, blé, orge sont destinées à l’alimentation animale. En 2005, 90 % des 210 millions de tonnes de soja produit le furent pour nourrir les animaux.

Ces quelques chiffres doivent nous amener à nous interroger sur la pertinence d’une telle consommation et donc d’une telle production de viande. Il ne s’agit pas ici de faire l’apologie du végétarisme mais bien de mettre en perspective les avantages environnementaux d’une diminution globale de la consommation de viande. Consommer moins mais mieux, c’est peut être ça la solution à un développement humain harmonieux et respectueux de l’environnement.

Damien GABET

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot