Vincent Peillon et la rénovation du système éducatif français

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Avant même d’avoir succédé officiellement à Luc Chatel en tant que ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon avait déclaré s’être fixé une seule mission : rénover le système éducatif français. En effet, durant la campagne présidentielle, le programme du candidat François Hollande s’axait sur la jeunesse et, par conséquent, l’Education Nationale, par ses moyens et ses missions, devenait prioritaire. Une chance pour Vincent Peillon qui a beaucoup de cartes en main pour accomplir cette rénovation progressive du système éducatif : « Nous commençons par l’école, il faudra continuer avec les collèges et les lycées » déclarait-il encore cette semaine.

3 objectifs cadrent cette réforme de l’enseignement du premier degré: revaloriser l’enseignement primaire, réformer les rythmes scolaires et redonner espoir aux enfants ainsi qu’aux parents.

Tout d’abord, on constate une réelle volonté de revaloriser l’enseignement primaire qui est aujourd’hui trop sous-estimé dans ses moyens et ses missions. En effet, il s’agit de la base éducative des jeunes français et que sa qualité est primordiale afin de commencer sereinement sa scolarité et pouvoir progresser tout au long de son parcours. Des études montrent que les difficultés des élèves se créent au début de leur cursus scolaire. On constate que 25% des élèves entrent au collège en ayant des difficultés pour lire, écrire et compter. Ces difficultés expliquent, fait beaucoup plus grave, la sortie sans formation de 150 000 jeunes. Quand les bases sont fragiles voire inexistantes, on ne peut pas réaliser correctement de scolarité quelle qu’elle soit. C’est autant de frustration individuelle et collective qui se crée et s’accumule.

Il faut dynamiser l’enseignement primaire, en commençant par revaloriser le travail des enseignants de premier degré. C’est précisément ce que veux faire Vincent Peillon en augmentant les salaires des enseignants du primaire car actuellement, 54 % des professeurs du second degré parviennent en fin de carrière au plus haut échelon, contre 3 % pour le premier degré. Le gouvernement veut donc réduire les inégalités entre les enseignants du primaire et du secondaire.

De plus l’action gouvernementale s’axe sur une vision plus pédagogique de l’école, alliant qualité des connaissances avec pédagogie ; la première étant acquise par les professeurs durant leur cursus universitaire, la seconde par la formation et la pratique. La pédagogie a été quelque peu oubliée ces dernières années et il faut y remédier.

Le Gouvernement a exprimé sa volonté à ralentir les rythmes scolaires trop intenses et intensifs pour les enfants et les adultes. En effet, cela n’aura échappé à personne, le débat porte actuellement  sur le retour à la semaine des 4 jours et demi au lieu de 4 jours. Ceci a pour but de raccourcir les journées trop longues des élèves ce qui est pertinent car plusieurs études montrent qu’un élève de CP perd toute sa vigilance au bout de 4 heures et demie de concentration. Or, avec la réforme portée par Monsieur Peillon, les élèves dans les écoles primaires travailleront en moyenne 5 heures par jour contre 6 heures aujourd’hui. Le système actuel a montré de sérieuses limites que le gouvernement va tenter de corriger sinon d’atténuer. Par exemple, il vaut mieux faire des maths à 10h un mercredi matin, plutôt qu’a 16h30 un vendredi après-midi et ce, autant pour les élèves que les professeurs qui pourraient bénéficier de meilleurs conditions de travail et d’attention.

Par ailleurs, il faut redonner aux enfants le temps d’apprendre et aux enseignants le temps d’enseigner, c’est pourquoi Vincent Peillon a mis sur la table le débat du rallongement de l’année scolaire, cette semaine.

Enfin, le 3ème objectif dont a fait preuve Vincent Peillon dans l’annonce de sa rénovation du système éducatif, c’est la volonté de redonner espoirs aux enfants en cessant de les décourager et de les mettre en compétition. En effet, le gouvernement est clair sur le sujet :

–         Il faut limiter les redoublements, qui sont de vieilles pratiques françaises inutiles. On constate que 75% des redoublements sont inutiles ce qui recouvre un gâchis sans nom. Cela signifie que trois redoublants sur quatre sont découragés pour des raisons assez obscures.

–         Il faut refonder le système des notes, en arrêtant de noter les élèves dès leur plus jeune âge et de les mettre en concurrence entre eux, ce qui ne contribue qu’à créer un sentiment individuel de réussite alors qu’il doit être collectif. Ce système incite à des efforts très individuels alors qu’ils doivent être collectifs pour travailler et s’entraider à l’école et en société.

Ainsi, si nous souhaitons un jour être mieux placés dans le classement de l’OCDE (organisation de coopération et de développement économique) en matière d’éducation et avoir un système éducatif au service de chacun et de la collectivité, nous devrons impérativement passer par une limitation des inégalités. Il s’agit tant des inégalités entre l’enseignement primaire et secondaire, que celles qui existent entre élèves. Aussi, cette volonté de réforme de la scolarité par le biais des rythmes scolaires est salutaire et semble constituer une bonne approche.

Le MJS 46, par ma voix, tient à saluer cet effort qui, nous l’espérons, atteindra ses objectifs.

Clément LAGARRIGUE

Sources:

–          http://www.myboox.fr/actualite/vincent-peillon-detaille-sa-volonte-de-refonder-l-ecole-dans-n-est-pas-couche-ac-21291.htm

–          http://www.education.gouv.fr/cid67139/questions-reponses-sur-la-reforme-des-rythmes-a-l-ecole-primaire.html

–          http://www.education.gouv.fr/

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot

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