Communiqué de presse : Réaction aux propos d’Aurélien Pradié

Est-il nécessaire de faire polémique sur la décision du Conseil constitutionnel, rendue le 8 février 2013, déclarant Aurélien Pradié inéligible pour un an ? Condamné à cause d’irrégularités dans ses comptes de campagne, celui-ci annonce justement vouloir régler ses comptes, n’est-ce pas une bonne chose ? En y regardant de plus près, ne prenons pas l’expression à la lettre.

Le Conseil constitutionnel, par la décision n°2012-4750 du 8 février 2013, a déclaré Aurélien Pradié inéligible pour un an, suite à la découverte d’une irrégularité dans ses comptes de campagne, lors des dernières élections législatives. En effet, l’article L52-12 du code électoral prohibe les comptes de campagnes déficitaires, c’est justement sur ce fondement que M. Pradié a été condamné.

Aujourd’hui, l’intéressé déclare être la cible d’un coup monté, et vouloir rendre les coups dont il aurait été la victime. Il précise « aucune anomalie n’a été relevée dans les comptes de campagne à l’exception de la difficulté survenue pour l’apport personnel ». Finalement, si l’on traduit cette déclaration, il y avait bien une anomalie. La décision du Conseil constitutionnel ne laisse aucun doute là-dessus.

Plusieurs questions se posent alors. La première, si M. Pradié pensait être effectivement l’objet d’un quelconque coup monté, pourquoi ne pas avoir agi en justice pour obtenir gain de cause, plutôt que d’étaler ses soupçons dans la presse ? Si raison lui avait été donnée, il aurait pu aisément prouver ses propos.Il faut tout de même remarquer qu’il est bien peu sérieux de la part d’un établissement bancaire de refuser un prêt qu’il avait préalablement consenti.

«Le plafond de dépenses est fixé à 40 000 €, rappelle le candidat malheureux. J’ai dépensé 20 000 €. Quand nous avons fait les comptes, avec mon mandataire financier, on s’est aperçu qu’il manquait 8 500 € » déclarait Aurélien Pradié à La Dépêche du Midi le 13 février dernier. Si aucune erreur juridique n’a été détectée par le Conseil Constitutionnel, il faut souligner une erreur comptable d’appréciation  qui concerne, si l’on comprend bien le propos, la moitié des sommes engagées, en clair un oubli de 8500 euros… Le MJS 46 veut bien croire que l’ancien candidat était entièrement absorbé par la campagne. Toutefois, une erreur d’un tel montant semble assez mal venue notamment pour quelqu’un qui se définit comme issu d’une classe modeste. Nous rappelons que cette somme représente tout ou grande partie des revenus annuels de nombreux lotois.

Aurélien Pradié se livre désormais en effet à des attaques personnelles, visant MM. Fabre et Baldy, suite à leurs déclarations, faisant simplement état de la situation. Aussi M. Pradié se cherche-t-il des excuses pour retrouver un tant soit peu de crédibilité. Il sera cependant difficile de faire oublier une irrégularité dans les comptes de campagne, car même si seul l’apport personnel dans ses comptes a été mis en cause, ils ont été invalidés, au regard de la loi, qui, rappelons-le, est au-dessus de M. Pradié.

Les Jeunes Socialistes appellent donc l’intéressé à faire profil bas concernant cette affaire, surtout si ses déclarations visent à lui donner des excuses, alors visiblement que la Justice ne lui en a donné aucune.

Le MJS invite M. Pradié à apporter une contribution plus apaisée à la vie politique. Il ne s’agit pas qu’il se taise, ou qu’il mette de côté ses convictions, mais juste qu’il comprenne que la vie politique, comme la vie sociale, apprécie les forts caractères quand ces derniers interviennent pour apaiser, contrôler et calmer le jeu.

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot