Pourquoi une présidence normale ?

Palais-Elys-e-1

Ce fut l’un des slogans marqueurs des dernières Présidentielles : un Président normal. Il y a eu des revirements, des interventions personnelles du Chef de l’Etat que certains jugeront normales et utiles dans le cadre du régime présidentiel tandis que d’autres qualifieront de trahisons. Nous laisserons à chacun le soin de trancher. Le principe d’une Présidence normale a eu des effets positifs très appréciables et très importants. Nous avons retrouvé un certain climat d’apaisement. Bien évidemment, les tensions existent toujours notamment en cette période de réformes sociales profondes. Quoi de plus normal et de plus rassurant pour un pays comme le notre ? La Présidence normale s’est exprimée par un certain retrait des responsables de l’exécutif au profit d’un débat approfondi durant lequel chaque camp a pu mobiliser comme il l’entendait. Où que l’on soit sur l’échiquier politique, chacun pourra se souvenir de sa mobilisation et de la satisfaction qu’il en tirera en se disant « j’y étais, j’ai dit ce que je pensais ». En cela, quel que soit le résultat des votes, personne ne pourra le remettre en cause en dénonçant un débat biaisé. C’est le début de l’apaisement où les rancoeurs s’estompent et le pays est rassemblé non dans les idées mais dans sa capacité à les exprimer de manière pleine et entière. Ce pays sait qu’il peut être entendu et que l’exécutif ne foncera pas bille en tête. Bien sûr certains l’applaudiront, d’autres le décriront, c’est le jeu démocratique.

C’est cela la normalité. Le Président, les Députés et Sénateurs ne se sont pas opposés au caractère public et large du débat. Aussi, contrairement à ce qu’avancent de nombreux commentaires, on peut interpréter cela comme des reculades (négativement) mais aussi une capacité à entendre et à réfléchir. De même, nous faisons face à ce que l’on appelle de manière plus ou moins pertinente des couacs. Il s’agit, dans un nombre non négligeable de cas, de réflexions, d’hésitations. Est-ce qu’hésiter, c’est être nul ? Parfois oui, pour d’autres non. N’oublions pas qu’hésiter c’est être prudent, pondéré et mesuré et c’est le principe fondateur de l’apaisement et de la concertation. Les fanatiques y voient une désertion, il s’agit aussi d’une réflexion, d’une prise de temps pour rendre pertinente une position. Les couacs viennent aussi d’une plus grande liberté laissée aux Parlementaires qui en usent. Il y a de réelles fausses notes mais aussi, pour tous, une capacité à s’exprimer et à être pris en compte. Bien sûr, tout n’est pas parfait, tout ne paraît pas aussi bien orchestré que sous de précédentes mandatures. Mais ce recul apparent sur la cohérence s’est fait pour nous laisser une plus grande liberté de parole, de manœuvre et donc de concertation. En cela, la présidence normale ne fait pas tout mais elle fait quand même pas mal de bien à notre conscience politique

BB

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot