La fin de la démocratie dans les médias ?

Quelques événements viennent nous mettre la puce à l’oreille : la démocratie dans les médias serait-elle morte en France ? Voici quelques exemples :

L’affaire Clearstream. On pensait l’avoir oubliée, celle-là. Elle aura vu Nicolas Sarkozy exposé en victime du fourbe Dominique de Villepin, téléguidé par l’ordre de Jacques Chirac pour calomnier le futur adversaire dans son propre camp. Cette affaire fera finalement Pschiiittt, et Domnique de Villepin sera acquitté. Mais celui qui allait devenir Président de la République aura eu le temps d’activer ses réseaux et ses amis pour inonder la presse française de cette histoire, au demeurant bien modeste : un simple nom sur un fichier falsifié d’une banque étrangère. Une banque au nom sulfureux qui éponge l’argent sale des malfrats comme des états. Pas de victime, pas de sang, pas de bombe, pas de drame tel que l’affaire Karachi.

L’affaire Karachi. 11 morts français, des millions d’euros détournés. Et là, presque rien dans les journaux. Nicolas Sarkozy est suspecté par des gendarmes luxembourgeois, ce n’est pas rien, d’avoir participé (activement) à la création d’une société offshore dans le but de récupérer les rétro-commissions (la corruption en langage clair) provenant du contrat des sous-marins Augusta au Pakistan. Cet argent aurait été directement piloté depuis le ministère du Budget de l’époque, Nicolas Sarkozy, pour se retrouver à financer la campagne politique d’Edouard Balladur en 1995. Chirac ayant découvert le pôt-aux-roses, aurait arrêté cette manigance. Pas du goût des services secrets pakistanais qui auraient fomenté l’attentat de Karachi sur des ingénieurs français, pions sur l’échiquier politique et otages pour l’occasion, pour faire payer l’état français et le faire plier à ses caprices. « Rendez-nous l’argent de la corruption ». Normalement, les journalistes devraient, dans une véritable démocratie, assaillir l’Elysée de questions. Il n’en ait rien. Nicolas Sarkozy a très bien verrouillé les médias, plus personne n’en parle à part les familles des victimes de l’attentat de Karachi et leur avocat.

L’affaire de la vidéo de France 3. Nicolas Sarkozy était invité à France 3 pour une interview avec Gilles Leclerc. Au détour d’une prise de son et d’images, un technicien enregistre les savoureuses paroles du chef de l’état qui se plaint d’un technicien ne lui rendant pas le bonjour. Question de politesse. Puis il lance une réflexion sur le ménage qu’il ne va pas manquer de faire à France Télévisions. Enfin, peut-être pour troubler l’interviewer, il lui lance la question : »ça fait combien de temps que tu étais au placard? ». Aucune de ces paroles n’est fausse ou n’a été obtenue sous la contrainte. C’est le véritable visage celui qui est arrivé au sommet de l’état. Ces bandes se sont retrouvées sur le site d’information Rue89 qui en fait part à ceux que le voulaient. Mais voilà que le technicien en question est poursuivi par la justice (!) pour vol et recel, sur plainte de France 3. Non seulement le plus aveugle des borgnes y verrait la main de Nicolas Sarkozy faisant pression sur France 3 pour déposer une plainte, mais il y verrait aussi sa main sur un juge pour qu’il trouve cette requête recevable. France 3 a-t-elle gagné ou perdu quoi que ce soit dans cette affaire ? non. Mais Nicolas Sarkozy, oui. Cela aurait dû être lui qui devait porter plainte, mais il ne l’a pas fait par peur de se faire targuer de censure. Alors il a fait faire le sale boulot à ceux sur qui il a du pouvoir.

L’affaire France Inter. Stéphane Guillon et Didier Porte, les troublions de France Inter, viennent de se faire licencier soi-disant pour insultes (envers Nicolas Sarkozy et Eric Besson). Depuis quand l’ironie, l’humour noir, la caricature sont-elles devenues des insultes ? Elles ont toujours existé et ont toujours déplu à leurs détracteurs. Philippe Val, à l’époque où il était à Charlie Hebdo, en usait et abusait parfois sans pour autant se faire limoger par sa hiérarchie. Là il vient de lancer le plus formidable coup de pub pour ces deux chroniqueurs satiriques. Exactement comme il avait fait pour le dessinateur Siné. Mal lui en a prit…

Peut-être la démocratie dans les médias est-elle morte, peut-être va-t-elle renaître de ses cendres tellement on l’aura muselée pour 2012 ? Coluche, Thierry Le Luron, Daniel Balavoine, où êtes-vous ?

Auteur de l’article : Jeunes Socialistes du Lot

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